Par Hugo Bouteloup le 17 mars 2021 á 14:54:10

Le recrutement en cabinet d’expertise – quelles réponses face aux difficultés ?

En France, 7 entreprises & associations sur 10 sont accompagnées par un cabinet d’expertise comptable. On dénombre, toujours sur le territoire, pas moins de 20 000 experts-comptables pour 17 000 sociétés d’expertise comptable.

Depuis plusieurs années, ces cabinets peinent à attirer et à fidéliser les talents. Les collaborateurs préférant se tourner directement vers le monde de l’entreprise. L’Ordre des Experts Comptables tenait d’ailleurs une conférence en mai 2019 qui allait en ce sens. Les difficultés de recrutement au poste de collaborateurs n’ont fait que s’accentuer depuis cette date. Cela provoque parfois une surenchère salariale ...

Mais alors, pourquoi certains jeunes diplômés continuent de vouloir intégrer un cabinet d’expertise comptable ? Sur quoi faut-il mettre l’accent pour les attirer et les intégrer durablement ?

La division Fyte Finance & Comptabilité a interrogé deux collaboratrices du cabinet d’expertise comptable JLA Audit afin de mieux comprendre leurs aspirations.

Pourquoi avez-vous souhaité commencer votre carrière en cabinet d’expertise comptable ?

«  Le cabinet est réputé pour être très formateur car nous faisons de la comptabilité pure avec de la saisie jusqu’à l’élaboration du bilan. Avec les conseils bienveillants de ma tutrice, j’ai fait le choix de continuer ma formation en cabinet. Cela me permettait de suivre une formation classique tout en étant très enrichissante ».

Selon vous et en tant que comptable, quels avantages un cabinet peut-il avoir face à une entreprise ?

« De mon point de vue, un cabinet d’expertise comptable permet d'être plus à l'écoute des besoins des clients. On constate une évolution du métier vers le conseil et l’accompagnement. En cabinet, on a la possibilité de découvrir tous types de clients avec des demandes totalement différentes. On va de la TPE à la multinationale. Chaque client est finalement un nouveau challenge pour le collaborateur comptable ! »

« En entreprise, selon moi, on est plus limité sur les missions comptables. Même s'il faut préparer les dossiers pour les clôtures, le métier reste en lui-même identique d'une année à l’autre, les changements peuvent venir des évolutions fiscales. Sur ce type de poste, il y a moins le côté accompagnement et conseil du client. C’est une vision plus monotone de la comptabilité. »

Quelles sont les missions pour lesquelles vous avez le plus d’appétence en cabinet ?

« Ayant fait de l'audit auparavant je dirais que je reste pour le moment très attirée par les missions d'audit exceptionnel comme le commissariat de fusion ou la consolidation des comptes car ce sont des thèmes que l'on ne rencontre pas tous les jours. Ce sont des problématiques très spécifiques et qui changent selon le type de client. Je trouve cela très formateur car ça permet à l'auditeur d'élargir sa vision de contrôle et d'analyse. »

 

Fyte remercie les collaboratrices comptables du cabinet JLA d’avoir pris le temps de répondre à ces questions.

 

Au fil des missions et des recherches confiées, nous nous sommes aperçus que les candidats étaient très sensibles à l’équilibre vie professionnelle/personnelle, réputé déséquilibré au sein des cabinets d’expertise-comptable.

Aussi, les candidats sont en quête d’autonomie (ils ne veulent plus uniquement faire de la saisie) afin de progresser et d’élargir leur spectre de compétences.

Et si la solution se trouvait lors du choix du stage ou de l’alternance ? Qu’il s’agisse du DCG, du DSCG ou encore du DEC (stage obligatoire par ailleurs), ces diplômes s’inscrivent dans cette démarche. C’est aujourd’hui un excellent tremplin, aussi bien pour les candidats que pour les cabinets. Si l’expérience est concluante au cours de l’apprentissage, il est fort probable que l’aventure se poursuive.

Publié par Hugo Bouteloup le 17 mars 2021